03/02/2014

Ce qu'on appelle couper le cordon

Les familles restent pour moi un mystère, un sac de noeuds, quelque chose qu'il faut fuir...

 

Je me suis beaucoup questionnée sur la mienne (encore !) ces derniers temps et bien que je me sente mise à l'écart je me suis rappelée combien depuis toujours je me sentais mal dans la mienne. Combien j'avais aspiré à les quitter, à vivre loin d'eux. Puis je me suis investie pour jouer mon rôle dans cette famille. Celui de soeur, de petite fille, de marraine, de belle soeur. Avec des succès plutôt nuancés et pour ma part une montagne d'émotions négatives que j'ai accumulées. Ce n'est que récemment, avec cette mise à l'écart et quelques rêves que cela m'est revenu : je détestais cette famille. J'ai aussi ressenti, avec mon opération aux yeux, cette nécessité de me détacher de cette famille. Cette opération, sensée pour moi me révéler telle que j'aurais toujours du être, libérée de ce que je devais montrer, de celle qu'on a façonné pour rester dans l'ombre.

 

Et à ce point de mon cheminement je m'aperçois que je vais avoir un nouveau rôle à jouer. Alors que je pensais que lui aussi me mettais à l'écart j'ai perçu hier un mal être, presqu'un désespoir chez mon filleul. Au point qu'il a lancé au nez de sa mère qu'il aimerait autant venir vivre chez moi plutôt que de partir en vacances avec eux. Je ne l'ai pas contrarié bien sur. Il n'a pas l'ombre d'un doute que je l’accueillerais. Il sait qu'une personne l'aime de façon inconditionnelle. J'en suis heureuse car j'ai réussi à lui donner un sentiment que je recherche depuis toujours. Je suis heureuse de voir que je peux encore jouer un rôle dans sa vie.

 

Mais je continue à me détacher de cette famille à laquelle je ne voulais pas appartenir (je rêvais que l'on m'avait adoptée). A laquelle j'ai ensuite tout fait pour appartenir. Pour finalement revenir à ma première opinion.

 

J'aperçois la solution de mon sac de noeuds... Je renonce à toute relation familiale fusionnelle. Ce n'est qu'ainsi que je pourrai me libérer d'eux. La distance que je ne peux mettre physiquement je dois la mettre affectivement. Et cultiver la distance et l'indifférence. Ce doit être ce qu'on appelle couper le cordon. Je serai toujours là pour mon filleul chéri. Je ne voyais quel rôle je pouvais avoir et maintenant je vois clairement la place qui est la mienne. Je suis soulagée.

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